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- Comportements en santé orale et déterminants du recours aux soins dans le département de Dabou - Côte d'Ivoire hal link

Auteur(s): Sangare A. D.

(Thèses) , 2011


Ref HAL: tel-00845002_v1
Résumé:

En Côte d’Ivoire, la problématique de l’accessibilité aux soins reste entière en raison de l’insuffisance des infrastructures sanitaires et du manque de ressources financières. Aussi, la population a t-elle souvent recours à l’odontologie traditionnelle pour répondre à ses besoins prioritaires de santé. Cependant, l’absence de données factuelles dans un contexte de pluralité de soins constitue un handicap pour la définition d’une politique de santé bucco-dentaire efficiente. L’objectif de la présente étude a été de décrire l’activité des tradipraticiens, puis de déterminer les facteurs influençant le recours et le renoncement aux soins bucco-dentaires des populations. L’étude de type transversale pilote a portée sur un échantillon de 28 tradipraticiens et 927 adultes. Les résultats ont montré que les consultations bucco-dentaires répresentaient le 1/5 de l’ensemble des activités des tradipraticiens. La majorité des tradipraticiens a déclaré prendre en charge les douleurs bucco-dentaires et était disposé à collaborer avec la médecine conventionnelle. Les tradipraticiens ont déclaré être satisfaits des honoraires perçus. Les ressources végétales et minérales étaient principalement utilisées pour la confection des remèdes. S’agissant de l’étude menée auprès des usagers, alors que les adultes non scolarisés avaient recours en majorité aux tradipraticiens, ceux qui disposaient d’une assurance de santé ou qui avaient le niveau d’étude du secondaire ou plus ont consulté préférentiellement le chirurgien-dentiste. Les adultes ayant un niveau d’étude secondaire ou plus ont eu recours à un tradipraticien en raison de sa proximité. Le recours au tradipraticien en raison de l’efficacité des soins a été plus évoqué par les adultes ayant un âge compris entre 30 et 44 ans, par ceux résidant en milieu urbain et par ceux situés à plus de 15 km du cabinet dentaire. Quant au recours au chirurgien-dentiste en raison de la confiance faite aux soins modernes et la propreté des cabinets dentaires, il a été majoritairement le fait d’adultes vivant dans des habitats modernes. Le renoncement aux soins traditionnels en raison de l’automédication a été le plus évoqué par les femmes. Les adultes situés entre 5 et 15 km du cabinet dentaire ont majoritairement renoncé aux soins traditionnels en raison de la non perception de leur nécessité. Le manque de ressources financières a été le plus évoqué par les adultes vivant en milieu urbain pour justifier leur renoncement aux soins modernes. La non perception de la nécessité des soins a été plus évoquée par les adultes situés entre 5 et 15 km du cabinet dentaire pour justifier le renoncement aux soins modernes. Cette étude a mis en évidence la relation entre l’accessibilité aux soins bucco-dentaires et la pauvreté. Ainsi l’amélioration de l’accès aux soins bucco-dentaires doit s’inscrire dans le cadre global de la lutte contre les inégalités sociales, de l’alphabétisation et de l’aménagement du territoire. En outre, l’odontologie traditionnelle doit être valorisée pour venir en aide au système de santé dans un contexte marqué par l’insuffisance des ressources financières